CHARLES X (1757-1836) alors comte d'ARTOIS

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CHARLES X (1757-1836) alors comte d'ARTOIS


L.A., Düsseldorf 4 décembre 1792, à sa femme Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'ARTOIS; 3 pages in-4 (filigrane D & C Blauw); sous cadre.
Belle lettre d'émigration à sa femme la comtesse d'Artois.
[Elle avait émigré et rejoint son père Victor-Amédée III, duc de Savoie et roi de Sardaigne, à Turin.]
Il a bien reçu sa dernière lettre: “Je suis bien affligé des peines que vous éprouvés, je voudrois pouvoir les adoucir et rendre votre position plus heureuse; mais la situation particulière où je me trouve dans ce moment ne m'en laisse malheureusement pas la possibilité. Elle me forcera vraisemblablement ainsy que mes enfants à voyager beaucoup pendant cet hiver sans pouvoir esperer une position stable. La votre ne peut etre honorablement fixée pendant la durée de nos infortunes que chés le Roi votre pere. Je suis trop certain de sa tendresse pour vous et de la generosité de ses sentiments pour penser quil voulut pouvoir dans une circonstance semblable, imposer à votre sejour dans ses Etats aucune condition qui vous fut penible. J'approuve fort que vous continuiés de demeurer avec le petit nombre des personnes qui vous sont restées fidelement attachées dans la maison que le Roi vous a assigné lorsque nous nous sommes rendus près de lui. Ce seroit une barbarie dont le meilleur des Peres est incapable s'il exigeoit le sacrifice des bons et loyaux françois qui ont merité pour leur devouement la protection la plus speciale de tous les souverains qui ne veulent pas etre un jour abandonnés de leur plus fideles serviteurs. Je pense que vous ne devés dans aucun cas supporter qu'on les separe de vous. [...] La moderation, l'oeconomie que vous metteés dans vos depenses, les privations meme que vous scavés vous imposer vous mettent dans le cas de vivre vous, et le petit nombre de personnes qui composent maintenant votre maison, sans etre aucunement à charge au Roi votre Pere ny à ses peuples. Sous quel prétexte donc pourroit-on vouloir vous forcer à changer votre etablissement et la vie qui vous convient. Non cela n'est pas possible. Le plus juste des Rois et le meilleur des Peres n'en pourroit jamais concevoir la pensée; sa politique éclairée suffiroit pour lui en faire rejetter l'idée, si jamais elle lui etoit presentée par des esprits bizarres ou malfaisants qui seroient envieux et jaloux de votre repos. Tranquillisés vous donc je vous en prie ma chère amie, calmés votre esprit, et conservés votre courage, nous en aurons encore besoin quelque tems pour atteindre aux terme de nos malheurs; ils sont bien etendus, mais soyés certaine quils ne dureront pas”... Il ajoute en fin de lettre: “Nos enfants se portent bien, l'ainé grandit un peu, mais le cadet ne fait que grossir”.
Ancienne collection Dominique de VILLEPIN (Bibliothèque impériale, 9 mars 2008, partie du n° 26).
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