Marie-Thérèse-Charlotte de France, duchesse d'ANGOULÊME (1778-1851) dite MADAME ROYALE, fille de Louis XVI; après sa sortie du Temple, elle épousa son cousin le duc d'Angoulême

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Marie-Thérèse-Charlotte de France, duchesse d'ANGOULÊME (1778-1851) dite MADAME ROYALE, fille de Louis XVI; après sa sortie du Temple, elle épousa son cousin le duc d'Angoulême


MANUSCRIT autographe; 2 pages et demie in-4; sous cadre.
Précieux récit de sa sortie du Temple et de son voyage de Paris à Huningue afin d'être échangée contre des prisonniers français.
“Je suis sortie du Temple le 19 décembre à 11 heures et demi du soir sans etre aperçue de personne à la porte de la rue j'ai trouvé Mr Benezech. La rue du temple étoit deserte il n'y avoit que l'homme attaché à Mr Benezech. Il m'a donné le bras et nous avons été à pied jusqu'à la rue Mélée, là nous avons rencontré sa voiture où je suis monté avec lui et Mr Gomin. Nous avons fait plusieurs tours dans les rues et enfin nous sommes arrivés sur les boulevards devant l'opera ou nous trouvames la voiture de poste avec Mde Soucy et Mr Méchin officier de gendarmerie [...] aux portes de Paris on nous a demandé notre passeport. À Charenton la première poste, on n'a pas voulu d'assignats les postillons on voulu absolument être payés en argent”... Déjeuner à Guignes: “on ne m'a pas reconnu [...] j'ai été reconnu à la poste de Provins, il y a eu du monde qui s'est assemblé près de la voiture”... À Nogent sur Seine elle a été reconnue par la femme d'auberge qui la “traita avec beaucoup de respect. La cour et la rue se remplirent de monde nous remontames en voiture, on s'attendrit en me voyant et on me donna mille bénédictions”... Puis Gray, Troyes, Vendeuvre, Chaumont, Fayl-Billot, Vesoul, Ronchamp, Belfort, avec des détails sur les haltes, les postes, les attroupements... “Nous arrivames le soir à 11 heures à Befort. Nous en repartimes le lendemain 24 décembre à 6 heures du matin. Nous éprouvmes encore beaucoup de difficultés dans le chemin enfin nous arrivames à Huningue à la nuit tombante le 24 décembre”.
Elle ajoute, à propos de Jean-Baptiste GOMIN: “Ce voyage malgré mon chagrin m'a paru agreable par la présence d'un être sensible dont la bonté dès longtems m'étoit connue mais qui en a fait les dernières preuves en ce voyage par la manière dont il s'est comporté à mon égard, par sa manière active de me servir quoiqu'assurément il ne dut pas y être accoutumé. On ne peut l'attribuer qu'a son zèle. Il y a longtems que je le connois cette dernière preuve ne m'étoit pas necessaire pour qu'il eut toute mon estime mais il l'a encore davantage depuis ces derniers momens. Je ne peux dire davantage mon coeur sent fortement tout ce qu'il doit sentir; mais je n'ai pas de parole pour l'exprimer. Je finis cependant par le conjurer de ne pas trop s'affliger d'avoir du courage je ne lui demande point de penser à moi je suis sur qu'il le fera et je lui repond d'en faire autant de mon coté”.
Provenance: Mme de CHANTERENNE; Jean-Baptiste GOMIN (1757-1841), l'un des gardiens du Temple; remis à son décès par sa veuve, le 2 juin 1841, au vicomte Alcide de BEAUCHESNE.
Exposition Louis XVII (Musée Lambinet, Hôtel de Ville de Versailles, mai-juillet 1989).
Archives du vicomte Alcide de BEAUCHESNE (1804-1873; vente 3-4 mars 2015, n° 193).
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