Magnifique sabre, attribué à Louis Napoléon…

Lot 181
200 000 - 300 000 €
Résultat: 240 000 €

Magnifique sabre, attribué à Louis Napoléon…

Magnifique sabre, attribué à Louis Napoléon Bonaparte, Roi de Hollande (1806/1810), ou offert par lui, exécuté par Boutet, Directeur de la Manufacture impériale de Versailles. Garde en vermeil à une branche, de forme inhabituelle. Le noeud de corps est formé de deux oreillons représentant un écu posé sur une massue et surmonté de deux casques opposés et d'une étoile, le tour est perlé ; au centre, les armes de Hollande rapportées sur fond poli : un lion dressé brandissant une épée de sa patte droite et tenant un faisceau de flèches dans l'autre ; de chaque côté, un quillon en forme de tête de cygne, la branche démarrant de l'un d'eux est évidée sur la moitié supérieure et agrémentée d'une frise de fleurs rapportée. Le pommeau ovale, concave sur le dessus, est orné de rinceaux, et, de chaque côté, d'un bouc grimpant. Fusée en bois, recouverte de fils de soie anciennement verts, filigranée de vermeil. (Fêle au bois, à la hauteur du clou de calotte, non visible). Belle lame en acier damas à jonc et contre-tranchant se terminant en langue de carpe, dorée sur la moitié et décorée de trophées et d'oves bleuis. Le dos est gravé et doré, sur toute la longueur, jusqu'au contre-tranchant. Fourreau de bois, recouvert de velours de soie brun (couleur ayant probablement viré avec le temps), à trois garnitures et attelles en vermeil. La chape est ornée d'une rosace étoilée, posée sur un trophée de lances ottomanes (tug) et surmontée de deux ailes enveloppant l'oreillon de garde ; elle se termine par une palmette découpée, se détachant sur le velours ; elle est signée, à l'arrière : "Manufre Imple - à Versailles - Boutet". La garniture du milieu, en forme de bossette, présente, sur le devant, la même rosace étoilée. La bouterolle est ciselée double face de rinceaux, de rosaces, de palmettes et d'étoiles et se termine également, à la partie haute, par une palmette découpée se détachant sur le velours. Dard en fer bleui. (Petit fêle sur le côté, au bas de la chape, réparé anciennement). Longueur 100 cm, largeur de la garde 14,3 cm. Ce sabre est présenté avec son écrin, en forme, en bois recouvert de maroquin rouge doré aux fers ; intérieur gainé de soie beige. 102 x 17 cm. Époque Premier-Empire, 1806/1809. Très bon état. Deux autres sabres, d'un modèle très proche de celui-ci, sont répertoriés, mais la croisière estornée d'une aigle aux ailes déployées, posée sur deux boucliers. L'un, ayant appartenu aumaréchal JOURDAN, probablement un cadeau de l'Empereur, est représenté dans l'ouvrageLa Manufacture d'armes de Versailles, par le capitaine Maurice BOTTET, en 1903 ; il faitpartie des collections du Musée des Arts décoratifs de Paris. L'autre est en mains privées.Le musée des Arts décoratifs possède une épure d'un sabre de la Manufacture de Versailles trèsproche de notre modèle (voir la reproduction, ci-contre). L'écusson central de garde est ornéd'une aigle impériale, à la place des armes de Hollande. Ce dessin est reproduit dans lecatalogue de l'exposition du musée Lambinet, à Versailles : La Manufacture d'armes deVersailles et Nicolas Noël BOUTET, page 160, reproductions n° 67 et cat. 193, Paris 1993. Cedessin est également reproduit dans l'ouvrage du capitaine Maurice BOTTET, relatif à LaManufacture de Versailles, paru en 1903.BOUTET Nicolas Noël, né en 1761 mort en 1833, célèbre directeur de la Manufacture deVersailles, de l'an II à 1818 ; il travailla principalement sur les armes de récompense, les armesd'honneur et les armes de luxe, aussi bien blanches qu'à feu ; celles-ci ont atteint unerenommée mondiale, par leur qualité d'exécution et l'originalité de leurs modèles. Il avait àParis un dépôt de la Manufacture, 1236 rue de la Loi (rue de Richelieu) en l'an XI, ensuite, 87rue de Richelieu en 1807 ; on le retrouve, en tant qu'arquebusier privé, en 1823, 23 rue desFilles Saint-Thomas, où il exerça jusqu'en 1831.HISTORIQUE :Ce sabre aurait été donné par Louis Napoléon Bonaparte au général Collaert,lorsqu'il était colonel général de sa garde.On ne possède aucun document relatif à l'achat ou au don de ce sabre par LouisNapoléon Bonaparte.Dans l'inventaire manuscrit des principales commandes faites à Versailles,appartenant à la bibliothèque du Musée de l'Armée *, on peut noter :1 - qu'à la rubrique "Bonaparte Louis, Roi de Hollande", on ne trouve durant sonrègne, qu'un seul achat en 1808, "dix fusils simples en acier" (page 11) ;2 - dans la liste des généraux contenus dans ce manuscrit, le général Collaert n'estpas mentionné ;3 - mais, en revanche, à la rubrique "Agents pour l'étranger", on trouve un grandnombre de commandes pour la Hollande, au nom de "Lefèvre", ce qui laissesupposer que Louis Bonaparte passait par cet intermédiaire, pour commander àVersailles ; dans cette liste, à la date de 1807, est répertorié un : "sabre vermeil,riche, 2 400 francs" ; il pourrait s'agir de notre sabre car c'est la seule pièce de cetype répertoriée (pages 20 et 21).* Cet inventaire a été publié dans le Bulletin de la Société des Amis du Musée de l'Armée,n° 25 d'avril 1927 et n° 26 d'août 1927. BONAPARTE Louis, général, troisième frère de Napoléon 1er, né à Ajaccio le 5 septembre 1778, mort à Livourne, en Toscane, le 25 juillet 1846.Aspirant d'artillerie, le 15 janvier 1790 ; nommé provisoirement par le représentant du peuple SALICETI adjudant d'artillerie, chargéd'accompagner le général d'artillerie (son frère), chargé de l'inspection des côtes, le 18 décembre 1793 ; nommé provisoirement par le représentantdu peuple TURREAU lieutenant au 4e régiment d'artillerie à pied, le 25 octobre 1794 ; embarqué à Toulon pour l'expédition maritime, en l'an III ;nommé aide de camp de son frère, en qualité de lieutenant d'artillerie, le 13 novembre 1795 ; capitaine, le 21 août 1796 ; servit en Italie, en 1796 et1797, au siège de Mantoue, à Arcole et Rivoli ; nommé au 5e régiment de hussards, le 13 octobre 1796 ; suivit son frère à l'armée d'Orient, en 1798 ;suivit la prise de Malte, puis celle d'Alexandrie, le 2 juillet 1798 ; chargé par son frère de présenter au Directoire les drapeaux pris à cette occasion ;chef de brigade au 5e dragons, le 11 janvier 1800 ; servit dans l'Ouest puis au camp d'Amiens, en 1800 ; en Gironde et au Portugal, en 1800 et 1801 ;général de brigade, le 24 mars 1803 ; employé au camp de Boulogne, en 1803 et 1804 ; général de division, le 11 mars 1804 ; connétable d'Empire,le 18 mai 1804 ; grand aigle de la Légion d'Honneur, le 2 février 1805 ; Roi de Hollande, le 24 mai 1806 ; commandant en chef les troupes françaisesstationnées en Hollande, le 13 juin ; commandant l'armée hollandaise envoyée au secours d'Anvers, en août 1809 ; voulut résister aux exigences deson frère dans la question du blocus continental, mais dû se résigner à abdiquer, le 1er juillet 1810 ; il quitta la Hollande, la nuit suivante, vécut enAllemagne, puis en France, fin 1813 ; se retira en Suisse, en 1814, puis en Italie, à Rome, dans le palais Mancini-Salviati où il se consacra à l'écriture...Il vécut en exil, sous le nom de Comte de SAINT-LEU, jusqu'à sa mort. Il avait épousé Hortense de BEAUHARNAIS dont il vécut séparé. Il euttrois enfants dont deux morts sans postérité et le troisième, Charles Louis Napoléon, qui devint l'Empereur Napoléon III.COLLAERT Jean Antoine, Baron de, général de cavalerie, né à Blehen (province de Liège) le 13 juin 1761, mort à Bruxelles le 17 juin 1816 des suitesde la blessure reçue à Waterloo. Il a commencé sa carrière militaire en 1778, en Autriche puis en Hollande. Lieutenant-colonel au régiment deshussards bataves, le 13 juin 1795 ; servit en Allemagne, en 1796 ; sur mer en 1797 ; en Hollande, en 1799 ; servit en Allemagne, en 1800 ; blessé dedeux coups de feu au combat d'Aschaffenbourg, le 24 novembre 1800 ; obtint à cette occasion un sabre d'honneur, le 16 juin 1801 ; colonel, le18 juillet 1803 du 1er régiment de hussards bataves et au camp de Zeist, en octobre 1804 ; commandant en chef les gardes du corps du grandpensionnaire (stathouder), le 28 juin 1805 ; servit en Allemagne, en 1805 et 1806 ; général major, le 7 août 1806 ; grand croix de l'ordre du Méritehollandais, le 4 mai 1807 ; colonel général des gardes du Roi, le 8 mai 1808 ; retraité pour blessures, le 19 octobre 1808 ; admis au service de Francecomme général de brigade et employé dans les provinces illyriennes, le 2 janvier 1811 ; chevalier de l'ordre de la Réunion, le 22 février 1812 ; servità la grande armée, en 1813, en Saxe ; servit en France, en 1814 ; chevalier de Saint-Louis, le 16 août 1814 ; démissionnaire du service de France, le1er mars 1815 ; admis avec son grade de général major de cavalerie, dans l'armée des Pays-Bas, le 26 mars 1815 ; lieutenant-général commandant lacavalerie de l'armée mobile, le 21 avril 1815 ; au corps du Prince d'Orange ; grièvement blessé d'un coup de feu à Waterloo, le 18 juin 1815 ;commandeur de l'ordre militaire de Guillaume, le 8 juin 1815 ; chargé du commandement provincial du Brabant septentrional, le 16 juin 1816.
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