Attribué à Laurent de LA HYRE (1606 - 1656)

Lot 10
20 000 - 30 000 €
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Attribué à Laurent de LA HYRE (1606 - 1656)


Médée sauvant Eson, père de Jason
Toile 131,5 x 103 cm
Le sujet de notre tableau est tiré du livre VII des Métamorphoses d'Ovide: Jason, regrettant de voir son père empêché par l'âge de participer à l'allégresse générale au retour des Argonautes, demande à son épouse Médée de rajeunir Eson offrant en échange des années de sa propre vie. Médée accepte cette opération. Elle invoque les puissances protectrices de la Nuit pour ramener Eson à la fleur de l'âge et lui permettre de retrouver ses premières années. Médée ordonne d'apporter en plein air le corps affaibli du père et l'ayant plongé par ses chants dans un profond sommeil qui lui donne l'apparence de la mort, elle l'étend au pied des autels en l'honneur du dieu de la Nuit et du dieu de la Jeunesse.
Les cheveux épars à la manière d'une bacchante, Médée fait le tour de ses autels et prépare son suc. Dans un bassin de bronze posé sur les charbons, un philtre puissant bouillonne, déborde et soulève une écume qui en blanchit la surface. Médée y plonge des racines, des pierres rapportées des extrémités de l'Orient et les entrailles d'un loup, habitué à échanger sa forme de bête sauvage contre celle d'un homme. Elle agite le tout avec une branche d'un olivier. Le vieux rameau d'olivier verdit alors et se couvre de feuilles puis se charge d'olives. A cette vue, Médée sait que sa potion est prête. Elle tire une épée du fourreau, ouvre la gorge du vieillard, laisse écouler le vieux sang et le remplace par les sucs qu'elle a préparés. A peine Eson les a-t-il absorbés que sa barbe et ses cheveux de blancs deviennent noirs, sa maigreur disparait et la pâleur et la flétrissure de son visage s'évanouissent. Une substance nouvelle comble le creux de ses rides et ses membres reprennent toute leur vigueur. Eson se retrouve tel qu'il était quarante ans auparavant.
L'élégance de la tête de la jeune femme, son déhanchement maniéré nous permet de situer notre tableau vers 1630, au début de l'atticisme parisien. Il aurait été peint probablement par un élève de Vouet, qui se souvient des couleurs jaunes, de la belle matière, des rubans rouges. Même si le sujet fut traité par Vignon et qu'il existe des rapprochements stylistiques avec la série des Sibylles (voir P. Pacht Bassani, Claude Vignon, Paris, 1992, n° MP 252 et n° 184 - 195, reproduites), il nous semble plus suggestif de rapprocher notre tableau des oeuvres de jeunesses de Laurent de La Hyre ou même de L'Allégorie de la Victoire des frères Le Nain
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