Ecole ITALIENNE vers 1500, suiveur de Pietro VANNUCCI, dit IL PERUGINO

Lot 34
20 000 - 30 000 €

Ecole ITALIENNE vers 1500, suiveur de Pietro VANNUCCI, dit IL PERUGINO


Le Christ en croix entre saint François et saint Dominique
Panneau de peuplier, une planche, non parqueté. Restaurations. Sans cadre 51,5 x 40 cm
La scène se déroule au premier plan d'un paysage lacustre dominé par un large ciel surplombant des collines boisées s'étageant dans le lointain où s'intègrent à gauche la vue d'une cité fortifiée et à droite des frondaisons. La croix où le crucifié prend place est implantée très haut au centre du paysage derrière le crâne d'Adam. De part et d'autre prennent place les deux saints agenouillés: à gauche saint François exhibe ses stigmates, à droite saint Dominique se reconnaît à son habit blanc et noir, le lys et le livre tenus dans sa main gauche et le rosaire dans sa main droite. Le Christ, la tête couronnée d'épines et auréolée du nimbe crucifère, est vêtu d'un simple pagne drapé autour des hanches, le torse nu laisse voir la plaie costale sanguinolente.
Cette composition s'inspire des modèles de Crucifixion créés à l'extrême fin du XVème siècle par Pietro Perugino (Citta della Pieve vers 1448 - Fontignano 1523): le Triptyque Galitzin (Washington, National Gallery) généralement daté 1485-1490; la fresque de l'église florentine de Santa Maria Maddalena dei Pazzi (1494-1496) et le panneau (Florence, Galleria dell'Accademia) provenant de San Gerolamo delle Poverine à Florence placé entre 1497 et 1505 (voir P. Scarpellini, Perugino, Milan, 1984, n° 38, reproduit fig. 56; n° 68, reproduit fig. 106 et n° 140, reproduit fig. 232)
Maître ombrien loué et fortement apprécié par ses contemporains, mais parfois contesté, Perugin dirigea plusieurs ateliers en particulier à Florence, à Rome et à Pérouse où nombre de ses élèves ou aides reproduisirent ses modèles (voir F. Mancini, «Considerazioni sulla bottega umbra del Perugino», L. Teza, Pietro Vannucci il Perugino, Atti del convegno Internazionale di studi Pérouse 25-28 octobre 2004, p. 329-334).
C'est ici le cas de l'auteur encore anonyme de ce Calvaire, inédit jusqu'à présent, qui non seulement puise son inspiration dans les compositions citées, mais est également influencé par des représentations du paysage intimement lié à la scène représentée et provenant d'autres oeuvres de Pérugin: ainsi les collines descendant en pente douce vers le bord du lac (Trasimène?) s'étirant à perte de vue dans une atmosphère limpide au coloris dilué et où se profile à gauche la vue d'une ville fortifiée, sans doute vision de Jérusalem, théâtre de la Crucifixion, trouve sa source dans le paysage du retable de la Vision de Saint Bernard de 1489 (Munich, Alte Pinakothek. Voir P. Scarpellini, op. cit., n° 47, reproduit fig. 73). L'unique dessin de paysage du Pérugin (New York, Metropolitan Museum) en serait la première pensée (Voir le catalogue de l'exposition Perugia e l'Umbria, Perugino, Il divin Pittore, Pérouse, 2004, p. 375). Il en est de même de la Mise au Tombeau de 1495 (Florence, Palais Pitti) ou du panneau Apollon et Daphnis (Paris, Louvre; idem, n° 49, fig. 81) dont la date oscille selon la critique entre la jeunesse et la vieillesse de l'artiste (sur Perugin et le paysage voir le catalogue de l'exposition Perugino e il Paesaggio, Citta della Pieve, 2004, pp.15-40).
Quant à l'exécution, par rapport à Perugin, les différences résident principalement dans le traitement longiligne du corps du Christ, dans sa position plus statique -jambes serrées, pagne drapé sans agitation- et dans sa musculature moins marquée; la végétation touffue et sombre éclairée par quelques rehauts de blancs rappellerait plutôt Pinturicchio et le graphisme appuyé des architectures reste encore lié à la manière plus ancienne d'un Benedetto Bonfigli (documenté de 1445-Pérouse 1496) prédécesseur ombrien de Perugin.
A notre sens et, tout en tenant compte de l'état de la peinture, il semble que l'on puisse trouver des rapports valables entre les deux saints de notre panneau et la suite de personnages dans l'Adoration des Mages (Pérouse, Galleria Nazionale dell'Umbria. Voir P. Scarpellini, op.cit., n° 189, reproduit fig. 294): les types physionomiques aux têtes rondes, aux visages triangulaires ponctués de petits yeux, aux bouches menues, aux mentons pointus prolongés de fines barbiches ainsi que les drapés aux plis peu profonds, militent pour ce rapprochement. Dans son ensemble, la critique a jugé l'Adoration des Mages comme oeuvre d'atelier sur une idée du Perugin. C'est peut-être l'un des aides de ce même atelier que l'on peut repérer ici dans notre Calvaire
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