Statuette de Vénus génitrix provenant du…

Lot 301
15 000 - 20 000 €
Résultats sans frais
Résultat: 21 000 €

Statuette de Vénus génitrix provenant du…

Statuette de Vénus génitrix provenant du surtout du service particulier de l'Empereur Napoléon 1er, utilisé aux Tuileries pour la première fois lors du mariage de Napoléon avec l'Archidu-chesse Marie-Louise, le 2 avril 1810: Statuette, d'après les marbres antiques du Louvre, en biscuit de porcelaine dure de la Manufacture impériale de Sèvres, faite par Liancé fils aîné, Martin, Antoine, actif de 1769 à 1811, copiée d'après l'antique par Cardelli Pietro (1776/1822). La déesse est représentée enveloppée d'une draperie mouillée qu'elle retient de la main droite, laissant entrevoir sa nudité, tandis que de l'autre elle tient la pomme de Pâris. Sur le devant de la terrasse, marques en creux: "VÉNUS GÉNITRIX" et plus loin: "L."; en-dessous, la marque: "SÈVRES" de l'époque Empire; à l'arrière: "A. B. 13. Dec. 9." (pour Alexandre Brongniart 13 décembre 1809); hauteur 36 cm. (Restaurations: éclat à l'arrière gauche, à l'angle de la terrasse; à l'index de la main gauche et à trois doigts de la main droite).
Époque Premier-Empire, 1809. Très bon état.
RÉFÉRENCE: À notre connaissance, aucune des seize figurines originales du service particulier de l'Empereur, ayant servi au mariage, n'est connue en collection privée ou publique. Les autres pièces du surtout sont conservées au musée du Louvre (le char central, la paire de trépieds et la paire de candélabres) et au château de Fontainebleau, l'un des deux sièges de Bacchus. Le musée Napoléon 1er, au château de Fontainebleau, a acquis, en 2013, un modèle en biscuit de la Vénus génitrix daté d'avril 1810 (inventaire n° F 2013.8).
HISTORIQUE: Dans une circulaire du 3 mars 1808, validée par l'Empereur, depuis Berlin, Alexandre BRONGNIART formule sa volonté de faire copier et mouler les seize figurines antiques qui devront composer le surtout du service de l'Empereur, choisies par DENON dans les collections du musée Napoléon. Parmi elles, se trouvait la Vénus génitrix exécutée par CARDELLI d'après le marbre du Louvre offert à François 1er en 1530, ayant figuré autrefois à Amboise, puis aux Tuileries et à Versailles dans les jardins. C'est dès janvier 1809 que BRACHARD aîné, en tant que chef de l'atelier des sculpteurs, s'emploie à réaliser les différentes pièces du surtout, déléguant quelques figures à d'autre sculpteurs, tels OGER ou LIANCÉ aîné. Ce dernier est chargé de réaliser la Vénus génitrix à partir de septembre 1809 (archives MNC, V à 18 f° 184 v°), contre 35 francs. Son registre de travaux cite pour le même mois la Déidamie du surtout, accompagnée d'autres figures: l'Été, l'Automne et la Baigneuse. Or, pour le mois suivant d'octobre, figure également la Vénus genitrix, sous la même appellation, à la différence des autres figures qui semblent bien avoir été commencées en septembre alors que la Vénus n'aurait finalement été commencée qu'en octobre 1809. La date, figurant en creux sur notre exemplaire, semble donc bien indiquer la fin de sa réalisation, probablement lors de la dernière cuisson, le 13 décembre 1809, soit une durée totale de travail d'environ deux mois. Aucune autre Vénus génitrix ne figure sur les entrées des mois suivants, avant celle de mars 1810, mais, celle-ci, sans la mention: "Surtout de l'Empereur" qui caractérisait celle d'octobre 1809. Celle de mars 1810 fut également réalisée par LIANCÉ, en même temps qu'un ensemble de dix figurines (archives MNC. 5 à 18 f° 185), il s'agit de celle récemment acquise par le château de Fontainebleau qui porte la date du 9 avril 1810 ainsi que le même visa de BRONGNIART. Il est donc certain qu'il ne s'agit pas de celle qui a figuré au mariage dont le banquet eut lieu une semaine plus tôt (2 avril 1810). Elle apparaît d'ailleurs dans les registres de vente aux mois d'avril et mai (archives MNC. Y 20 f° 42 v° 18: "Avril et mai 1810 - Dix figurines d'après l'antique - 75 (57) frs pièce (+ 3 défectueuses)".Sachant qu'il n'y a pas eu d'autre Vénus génitrix entrée au magasin de vente en 1809 (archives MNC. Y 20), nous pouvons donc affirmer que notre exemplaire est bien celui qui figurait sur la table du banquet, au mariage de l'Empereur, faisant partie du surtout livré aux Tuileries le 27 mars 1810 (archives MNC. Vy 19 f° 17 v°).
Du fait de la hâte de la livraison pour le mariage, la Vénus apparaît curieusement dans les registres de ventes de la Manufacture au mois de juin, avec tout le surtout (archives MNC. Y 20 f° 43: "Juin 1810 - Surtout du service de l'Empereur - 16 figures d'après l'antique du musée Napoléon - 90 (72) frs pièce"). La différence de prix par rapport à celle actuellement au musée de Fontainebleau peut s'expliquer par la présence d'un socle en bronze doré que THOMIRE réalisa pour chaque élément du surtout, que l'on connaît notamment grâce à la peinture d'Alexandre DUFAY, dit "CASANOVA" (1770/1844) conservée également à Fontainebleau, où l'on reconnaît notre Vénus génitrix à la gauche de Marie-Louise, en face des soeurs et femmes de l'entourage de l'Empereur. La présence de cette déesse de l'amour et de la fécondité, le jour du mariage de Napoléon avec Marie-Louise, n'est pas anodine, lui qui espérait un héritier pour enraciner sa dynastie. Voir l'article de Christophe BEYELER dans Napoléon 1er et Sèvres, sous la direction de Camille LEPRINCE, Feu et Talent, Paris 2016 (pages 77 à 93).
Je remercie mon confrère Maxime CHARRON, pour ses recherches approfondies aux archives de la Manufacture de Sèvres
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