[HENRIETTE D'ANGLETERRE (1644-1670)

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[HENRIETTE D'ANGLETERRE (1644-1670)

«MADAME», fille de Charles Ier d'Angleterre et d'Écosse et d'Henriette-Marie de France; petite-fille d'Henri IV et belle-sœur de Louis XIV, épouse de Monsieur Philippe duc d'Orléans; Bossuet composa pour elle une Oraison funèbre célèbre]. Nicolas FEUILLET (1622-1693) chanoine de Saint-Cloud, prédicateur et théologien. MANUSCRIT autographe, Mort Chrestienne de Madame la Duchesse d'Orleans le 30e de Juin 1670; cahier de 5 pages et demie in-4 (légères rousseurs).
RECIT DE L'AGONIE ET LA MORT D'HENRIETTE D'ANGLETERRE, PAR CELUI QUI LUI DONNA LES DERNIERS SACREMENTS. Alitée le dimanche soir, 29 juin, Madame se fait aussitôt confesser, et peu après l'abbé Feuillet ordonne des prières dans son chapitre et se rend au château. La malade ne lui dit rien, mais le rappelle quelques heures plus tard: «Vous voyés Mr Feuillet en quel estat je suis reduite. En un estat dangereus, luy repondis-je, Made vous confesserez maintenant qu'il y a un Dieu, que vous avés tres peu connu pendant votre vie [...]; je ne doute point que vous ne vous soiés confessée d'avoir tant de fois violé les voeus de vôtre batesme: non me dit-elle, je ne m'en suis confessée, et on ne m'a jamais dit qu'il le falloit fere. Quoy Made si vous aviés fait un contract avec un particulier, et que vous n'en eussiés gardé aucune clause, ne croiriés vous point avoir mal fait. Helas oui. Celuy-cy Made est un contract que vous avés fait avec Dieu, il a esté scelé du sang de J.C. Les Anges et votre conscience vous vont repnter au Jugemt de Dieu cette promesse, et ce sera sur cela que vous serés jugée, Madame, vous n'avés jamais sceu la Religion Chrestienne. Ah mon Dieu, que feray-je donc, je voy bien que mes confessions et mes communions n'ont rien valu. Il est vray, Made que vôtre vie n'a esté que peché, il faut employer le peu de temps qu'il vous reste a fere penitance. Montrés moy donc commant il faut que je fasse, confessés moy»... L'abbé la confesse alors, et lui fait entendre «un langage que l'on n'entand point dans le monde»: «je luy dis, humiliés vous, Made, [...] vous n'estes qu'une miserable pecheresse, qu'un vermisseau de terre, qui va tomber, et qui se cassera, et de toute cette grandeur il n'en restera aucune trace. [...] Elle demanda la croix dont la Reyne Mere s'estoit servie a la mort, elle la baisa fort humblement»... Et Feuillet l'exhorte à s'anéantir devant «ce Dieu terrible et misericordieus»... Suivent une saignée et l'extrême onction, et alors qu'elle agonise, l'abbé rappelle les péchés qu'elle a commis par de mauvaises pensées, des «regards illicites», l'écoute de médisances, «les ardeurs de la concupiscence» et de mauvaises actions: «vous voila sur le champ de bataille, vous avés en teste de puissans ennemis, il faut combatre aydée de la grace de J.C. et il faut vaincre»... Ses souffrances augmentant, il l'encourage à appeler de plus «sensibles douleurs», comme Saint Augustin, et de dire: «que le pus et l'ordure coule dans la moüelle de mes os, que les vers grouillent dans mon sein, pourvû mon Dieu que je vous aime c'est assés»... Enfin, M. de Condom [BOSSUET] arriva, se prosterna, et «fit une priere, qui me charma»... Bossuet étant sorti prendre l'air, elle sentit venir la mort, et Feuillet lui dit: «Hé bien Made n'estes vous pas bien heureuse d'avoir accompli en si peu de temps vôtre course, apres un si petit combat, vous allés ramporter de grandes recompanses. Monsr de Condom arriva, mais elle ne parloit plus [...] et en deux ou trois instans, elle randit son ame a Dieu. Je le prie qu'il luy fasse misericorde et vous conjure de prier Dieu pour le repos de son ame.»
Anciennes collections Ch.-L. FIERE, «bibliophile dauphinois» (III, 14-16 novembre 1938, n° 557), puis Marcel PLANTEVIGNES (8 mars 1977, n° 180)
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