Charles-Maurice de TALLEYRAND

Lot 12
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Charles-Maurice de TALLEYRAND

MANUSCRIT autographe d'un brouillon de discours à la Chambre des Pairs [1817]. 6 pp. in-folio avec ratures et corrections.
INTERVENTION LORS DE LA DISCUSSION DES LOIS D'EXCEPTION RESTREIGNANT LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE ET LA LIBERTÉ DE LA PRESSE: Il veut réfuter «deux inculpations» dirigées contre lui par le Garde des Sceaux. Il n'a pas voulu «mettre le roi en contradiction avec lui-même. Je ne l'ai point voulu: il était inconcevable de le vouloir, et je ne l'ai point fait. [...] Dans la Charte le roi a parlé seul: c'est l'abdication du pouvoir absolu faite par l'héritier de tant de rois, tant en son nom qu'au nom de sa royale postérité. De pareils actes se font sans ministres, personne n'a le droit de rien revendiquer. La gloire en appartient toute entière à Louis dix huit. C'est là qu'est sa volonté, c'est là qu'il faut la chercher. C'est là qu'est l'avenir de la France»... Les scrupules suscités par la proposition de Talleyrand sont sans fondement, car elle ne tendait nullement à limiter la «prérogative royale» de «faire proposer des projets de loi aux délibérations des chambres. [...] Quand il plait à sa majesté de nous envoyer des projets de loi, que nous demande t'elle et qu'attend elle de nous? - La vérité, uniquement la vérité»... Talleyrand souligne «que c'est le même jour, dans la même séance et par le même organe qu'ont été présentés à la chambre des députés les trois projets relatifs à la liberté individuelle, aux ouvrages non périodiques et aux journaux». On ne peut donc nier la connexité de ces trois projets. «Je demande qu'il ne soit voté sur le projet de loi relatif à la liberté individuelle qu'après avoir discuté le projet de loi relatif à la liberté de la presse. [...] Si la liberté de la presse existe, on ne pourra pas autant abuser de la non liberté individuelle puisqu'alors les détenus, ou leurs parents, ou leurs amis auront les moyens d'informer l'opinion publique de ce qui leur arrive, et que quand l'opinion se marque en faveur d'un détenu, la détention ne peut longtems durer. Si la garantie de la liberté individuelle étant otée, la liberté de la presse reste, celle-ci sera plus apparente que réelle, et elle sera même dangereuse pour ceux qui en voudront user puisqu'en vertu de la loi qui aura suspendu l'habeas corpus ceux qui auront écrit des choses désagréables au pouvoir de tel moment seront à sa merci et pourront le payer de leur liberté. La liberté de la presse n'est utile que pour conserver les autres libertés; elle l'est d'autant plus que les autres sont plus menacées, elle l'est moins si celles-ci sont assurées»...
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